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Sûreté et sécurité nucléaire, ASN et EDF en manque de moyens, ça on sait, mais quid du manque de compétence ?

Nul ne peut ignorer les difficultés financières d'EDF, qui faut-il le rappeler à du reprendre en plus dans son giron AREVA, et ses dettes colossales.

Une addition fort peut rassurante, que l’État Français actionnaire à près de 80% doit assumer, il n'y a guère de solution sinon d'éponger celles ci, soit en les incluant dans les prix de vente de l'électricité, soit par l’impôt, dans les deux cas de figures, ce sont les citoyens qui régleront l'addition.

Mais l'impact du régime européen de remboursement de la dette qui entraîne la récession budgétaire que l'on connait à bien d'autres conséquences, dont une moins commentée, mais dont les effets sont loin d'être mineurs, c'est du côté de L'ASN qu'il faut se tourner pour apprendre que celle ci affirme ne pas avoir les moyens face à l'étendue de la charge qui les attends dans les décennies qui arrivent, l’État ne lui ayant pas accordé les renforts en hommes suffisant pour être en mesure de conduire toutes les analyses qui l'attendent. En effet l'organisme de contrôle doit rendre un avis "générique" sur l'ensemble du parc nucléaire afin de valider ou non l'éventuelle prolongation d'activité des réacteurs au delà de 40 ans, affirmant au passage que cette éventualité ne va pas de soit et qu'elle n'est pas acquise.

M. Pierre-Franck Chevet Président de l'Autorité de Sureté Nucléaire, remet donc en exergue une réalité que nul ne peut ignorer, mais en un mot, il ressort également de sous l'éteignoir une autre défaillance possible, celle de la compétence, ou plus exactement l'insuffisance des compétences, en ces termes :

Tous ces chantiers se profilent alors que les industriels chargés de ces installations sont « en grandes difficultés économiques et techniques », souligne M. Chevet. Ce qui constitue « une source de préoccupation majeure »

Le Monde

Difficultés économiques et techniques.

 

Le manque de moyens financiers n'est donc pas la seule grande difficulté pour l'enjeu qui les attend et qui attend les acteurs industriels de la filière, et cette déficience de transmition et de renouvellement des compétences, n'est pas sans avoir été soulevée par certains acteurs ou observateur de cette industrie de pointe, ce sont principalement les départs à la retraite de toute une génération, celle des pionniers du nucléaire, les plus aguéris, ceux qui pour les avoir conçu et construite connaissaient le mieux les centrales et leurs entrailles, le risque de perdre ces compétences, et ces connaissances, faisait déjà sonner l'alerte en 2010 de la part d'observateurs soulevant également le manque d'intérêt qui ne s'est pas démenti depuis des jeunes pour ces filères.

Outre les difficultés financières qui ne laissent donc rien augurer de bon en ce qui concerne les capacités d'actions fortes en terme de sécurité et de sûreté, pointe donc une autre lacune, qui pourrait bien se traduire en déficiences tragiques sur le terrain. Faut-il rappeler un fait que nul n'ignore non plus, qui est mis en évidence à longueur d'actualités souvent dramatiques, quand ellles ne sont pas catastrophiques et mortifères, le facteur humain. les erreurs et défaillances humaines sont très largement en tête des causes accidentologiques et ce dans tous les secteurs, de l'accident domestique aux crash d'avions, en passant bien sûr par tous les accidents industriels, même si je me permets en passant d'émettre une remarque qui dans mon esprit revet un caractère de réserve, qui consiste en un doute qui traverse régulièrement mon esprit. L'humain ne sert-il pas parfois (souvent) de bouc-émissaire, ou d'alibi, pour ne pas admettre et porter à la connaissance du public des défaillances technologiques, qui engendreraient alors des craintes contre-productives, et dommageable pour l'économie, le commerce, et la consommation? Il ne s'agit là que de suspicion, qui n'engage que moi bien sûr.

Manque de compétences, et manque de moyen voilà un cocktail qui pourrait bien s'avérer explosif, mais puisque j'en suis aux confidences, de réfléchir à cet état de fait à soulevé un autre questionnement peut-être encore plus détonnant ! Nous parlons là d'un milieu plutôt très fermé, pour ne pas dire quasi hermetique, dont le manque de transparence et d'information est révélateur de la nécessaire confidentialité, voir du secret industriel, et sans aucun doute du besoin de cacher nombre de faillibilités. D'où viennent donc les connaissances et les compétences des différents acteurs de cette filière, tant de ceux qui produisent que de ceux qui surveillent, si ce n'est de ce réseau lui même !

Qui sont donc celles et ceux qui vont avoir prochainement à estimer des capacités réelles ou supposées des infrastructures, à maintenir dans le temps le niveau de sécurité et de sûreté nécessaire et suffisant pour affirmer qu'hors incident ou accident imprévisible, les réacteurs et les centrales qui les enferment sont fiables et sans danger ?

Ne seront-ils pas, si ce n'est déjà le cas, des filles et fils de la famille nucléaire Française, n'auront-ils pas été form(at)és dans ce cadre idéologique du nucléaire maîtrisable et maîtrisé, sortis des mêmes écoles et filières industrielles, bercés de suggestions et de convictions  favorables à l'acceptation d'un postulat positif et bienveillant, estimant et observant les capacités de leurs anciens camarades de classes, de promotions, ou de travail, mesurant et analysant des outils et structures qu'ils ont eux même choyé et côtoyé !?

Quelle objectivité et quelle impartialité ?

 

 

 

Sûreté et sécurité nucléaire, ASN et EDF en manque de moyens, ça on sait, mais quid du manque de compétence ?

Je nous laisse sur cette question, si j'ai de très sérieux doutes, il ne valent bien sûr que pour moi, mais je pense que cette interrogation vaut que chacun y réfléchisse et s'informe.

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