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Agrocarburant, bioénergie, Climat, sécurité alimentaire, bruler ou nourrir ?

Agrocarburant, bioénergie, Climat, sécurité alimentaire, bruler ou nourrir ?

Parmi les choix sous-tendus par les évolutions démographiques, climatiques, et scientifiques, qui s'annoncent, celui de l'utilisation des ressources végétales, et des terres qui permettent de les produire, est fondamental, de ce choix peut dépendre quantité de conséquences, d'interférences, et d'interdépendances majeures.

La question essentielle concerne une priorité claire et intangible à définir, et pour ma part, il me semble que la question ne devrait même pas se poser, les cultures doivent-elles servir à nourrir les humains, ou les moteurs et centrales à production d'énergies ?

Entendons nous bien, je parle bien de priorité, et de primauté pas d'unicité ou d'impossibilité de recourir totalement aux deux objectifs, mais de ne permettre la possibilité du second choix que si et seulement si le premier est TOTALEMENT satisfait, ainsi vous l'aurez deviné, nous permettre de rouler et nous chauffer à ma préférence et de loin pour prendre la place de second rôle, ben oui, qu'alliez vous imaginer !

Ceci me parait tellement évident, que je suis estomaqué de constater que ce postula soit ignoré par certains acteurs économiques, qui pour quantité d'entre-eux, il est vrai, n'ont d'autres visions que le profit le plus facile et le plus immédiat, est-il nécessaire de le rappeler ?

Les végétaux, et les sous-produits de leurs productions peuvent et doivent prioritairement nourrir les humains et les animaux, directement ou indirectement, une fois posé le dénominateur commun de cette équation, que reste-t'il ?

Voilà comment devrait se poser la question, or tous les acteurs industriels, quand bien même ceux ci sont directement concernés, par l'objectif premier qui consiste à nourrir l'humanité, n'échappent pas à l'appât viscéral du gain, quitte à mettre en danger eux même les ressources essentielles à allouer aux besoins fondamentaux nourriciers, de la planète. Et là oui j'ai bien dis planète, car il me semble percevoir une autre erreur sous-jacente poindre des orientations actuelles, je m'explique, la terre elle même à besoin pour se nourrir et se régénérer d'apport nutritionnels naturels et permanents, quel meilleur exemple que les forêts pour s'en convaincre, pourtant que voit-on se profiler à l'horizon, ce qu'on considère maintenant, comme une optimisation des ressources, dont je ne conteste pas le bien-fondé, mais au travers laquelle je sens apparaître un autre risque important, celui de ne pas laisser à la terre assez d'éléments pour qu'elle y puise ce qui lui faut pour entretenir son état et ses écosystèmes vivants et eux mêmes nutritionnels, pour entretenir le cycle naturel et essentiel de la décomposition végétale, principe fondamental de la recomposition des capacités de la terres à vivre et faire vivre.

Sensation que je vois rarement évoquée et pourtant, ne pas tenir compte de cela serait une autre erreur fatale à long terme !

Une fois posée la pierre angulaire de l'ordre, que je considère naturel, des choses, peut se poser la question de l'utilisation de ce qui reste des ressources. Enfin pourrait se poser dans un autre monde moins fou que celui que nous connaissons et vivons, car en réalité ici sur terre au XXIèm siècle, alors que pas loin d'un milliard d'êtres humains sont en malnutrition par manque, qu'une part meure de faim à cause d'un manque cruel de volonté politique, alors qu'on connait par cœur les rouages de l'engrenages qui produit encore ce résultat inacceptable, le constat incroyable et effroyable que l'on peut faire, c'est que cette question fondamentale et prioritaire, n'a même pas été tranchée de manière irrévocable et définitive. Certains acteurs industriels et j'y reviens, ne l'entendent pas de cette oreille bouchée, et ne le voient pas ainsi de leurs yeux embrumés et voilés par une épaisse poudre d'argent toute aussi volatile que les cours des marchés qu'ils déstabilisent de leurs spéculations hasardeuses.

La compétition entre nourrir les humains et faire chauffer nos moteurs, nos usines, et notre atmosphère existe, au point qu'il faut se battre contre celles et ceux qui par égocentrisme forcené, n'en perçoivent même pas l'achoppement, la montée en puissance des bioénergies, commence à poser heureusement questions, au point que certains projets sont déjà combattus à raison selon moi, comme Gardanne et son projet de centrale énergétique biosourcée, qui prend des allures de dévoiement particulièrement paradoxal, au point qu'un projet présenté comme positivement écologique, tourne à l'escroquerie climatique, économique, et technologique et ce n'est là que la pointe de l'iceberg, ce problème général pour ce qui concerne la production de chaleur ou d'électricité, est encore assez peu documenté, et mériterait à lui seul qu'on y consacre une large recherche, j'ai choisi arbitrairement cette fois de me focaliser plutôt sur la problématiques de agrocarburants.

Causes sous-jacentes de la malnutrition selon l'ONICEF

Causes sous-jacentes de la malnutrition selon l'ONICEF

Agrocarburant, bioénergie, Climat, sécurité alimentaire, bruler ou nourrir ?
Agrocarburant, bioénergie, Climat, sécurité alimentaire, bruler ou nourrir ?

Concurrent déloyal de la production vivrière alimentaire mondiale, les agrocarburants, d'abord qualifiés de biocarburants de première génération, appellation vite abandonnée, tant son imposture s'est irrévocablement imposée, non seulement détournent des terres de leurs attributs potentiels de sources alimentaires, mais en plus contrairement à ce qu'on a voulu prétendre dans un premier temps, participent étroitement et pleinement à intensifier la production de GES, alors que leur destination première était à l'inverse de permettre de réduire celles-ci !

Ce paradoxe total, qui amène certains observateurs à parler de crime contre l'humanité, en parlant de cette aberration, soulève cette question, dont je disais plus avant qu'elle ne devrait pas avoir lieu d'être, je cite : "Est-il durable de produire en Afrique des agrocarburants destinés à l’exportation alors que les terres utilisées à cet effet font défaut à la population locale pour la production de denrées alimentaires?". Les retombées négatives, sont telles, que même l'ONU doit reconnaître que la fabrication d'agrocarburants "verts" est mauvaise pour l'environnement, et fait grimper le prix des aliments.

L'exploitation des végétaux dédiées un peu partout sur la planète, y compris en Europe , grèvent tellement les productions alimentaires, qu'un phénomène de manque à produire se fait même ressentir, à l'exemple des importations d'huile de palme dont on sait maintenant les effets nocifs dans l'alimentation, mais qui viennent par nécessité, prendre lieu et place d'autres huiles végétales, qui elles viennent-à manquer dans nos productions, non pas qu'on en produit plus assez, mais parce que celles-ci sont détournées de leur fonction première alimentaire, pour être attribuées à la production de carburants "verts", un comble de bêtise !

Le changement d'affectation des sols, est l'une des causes premières de la négativité maintenant reconnue des productions d'éthanol ou de diester, au point que l'Europe à maintenant réagi timidement, mieux vaut tard que jamais, après les avoir largement soutenu et encouragé. Bien que de gros dégâts soient déjà répertoriés, et que la machine maintenant lancées ne va pas s'arrêter en si bon chemin rémunérateur. En effet les soutiens financiers même minorés, qui sont encore accordés sous formes de subventions directes, ainsi que les orientations politiques, et législatives, et qui avaient fortement contribué à construire une filière maintenant en place et qui compte bien garder ses privilèges et ses avantages, ont été une force d'incitation motrice.

Ces filières, dont l'un des acteurs français bien connu de ses opposants, entendent bien vendre cher leur implication dans un revirement maintenant acté mais encore lent à inverser une tendance destructrice, ainsi un lobbying permanent et intense presse les négociateurs à tous les échelons des instances de décisions, y compris actuellement, pendant et au sein de la COP21. Leur priorité à eux, n'est pas celle de l'humanité, ni du climat, pas plus que de la sécurité alimentaire, bien qu'ils le prétendent, leur objectif n'est autre que de continuer à construire un empire économique et technologique, quel que soient les impacts sanitaires, sociaux, sociétaux, non leur choix n'est pas de servir l'intérêt général, mais le leur exclusivement.

Agrocarburant, bioénergie, Climat, sécurité alimentaire, bruler ou nourrir ?

Un espoir se profile tout de même, avec une deuxième génération d'agrocarburant qui émerge lentement, et une troisième espérée, mais encore en gestation. Seulement pour cette deuxième génération les mêmes questions se posent, et les mêmes réponses s'imposent, ainsi tous les observateurs s'entendent, y compris les institutions internationales, UNESCO et FAO en tête, pour souligner la nécessité de s´assurer que la bioénergie soit produite et utilisée dans une logique de durabilité et sans mettre en danger l´équilibre économique et sociale des régions productrices. Ils soulignent l’importance de mettre en place des mesures internationales.

Des biocarburants à base d'algues, l'idée n'est pas nouvelle, mais encore à peaufiner, et surtout à rendre si possible, économiquement exploitable

Des biocarburants à base d'algues, l'idée n'est pas nouvelle, mais encore à peaufiner, et surtout à rendre si possible, économiquement exploitable

Ce qui me permettait de dire déjà il y a quelques temps, que je ne mettrais pas d'essence E85, pas plus que je ne mettrais de diester si le choix m'en était offert, dans mon réservoir me laisse encore sur la même position, le hasard à voulu que ce midi sur France 2 en fin de journal télévisé, un court sujet sur ce carburant était justement présenté, enfin justement non, pas "justement" justement, ni "véritablement" présenté, mais présenté comme si ce que je viens de décrire là n'était qu'un tissus d'affabulations sans sources et sans preuves, preuve que l'information qu'on nous propose, nous indispose à la vérité. Je vois encore ce citoyen fier de témoigner de son intention visiblement sincère de faire, ce faisant, un geste positif pour la planète et ses concitoyens, si tu savais, me suis-je dis gêné et navré pour lui en fait, plus que dépité par tant de méconnaissance, car conscient que ce qui se cache derrière ce qu'on présente souvent dans les médias officiels, ne peut se révéler que si on a une vrai démarche personnelle pour aller chercher l'envers du décors, et c'est bien pour cela que ce blog existe, tenter d'orienter vers ce qui nous est caché si souvent, et ce dans de nombreux domaines.

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