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Esclavage moderne, le temps du silence est révolu, les responsabilités apparaissent, vers l'abolition ?

Le travail peut prendre diverses formes, allant du simple besoin alimentaire à l'expression d'une passion, nécessité absolue pour la plupart, parfois érigé comme un aboutissement par certains, parfois vécu comme une forme de contrainte inévitable par d'autres, tant qu'il est consenti, et qu'il est rétribué correctement il est considéré pour le moins comme un mal nécessaire et au mieux comme un épanouissement, l'étalage de grades entre ces deux extrémités, est peut-être aussi larges que le nombre d'individus impactés. Jusque là rien d'inacceptable, à part pour quelques minorités, qui voudraient pouvoir recevoir sans avoir à participer à l'effort commun, mais il y a de part le monde des situations bien moins admissibles, et là aussi elles prennent diverses formes, de la simple utilisation d'une nécessite et d'un besoin vital à l'esclavage pur et simple fût-il qualifié de moderne, il n'en revêt pas moins une exploitation asservissante d'autrui inadmissible et je l'espère bientôt condamnable.

Pour user d'une terminologie aseptisée, le qualificatif de "travail forcé" a été retenu par l'OIT (Organisation Internationale du Travail) qui en a estimé la valeur marchande, à ne pas confondre avec la valeur réelle du préjudice humain, social et sociétal qui découle de ces exactions. 150 milliard de profits illégaux générés par ces diverses formes d'abus, cette approche qui n'est pas uniquement comptable, mais qui ne va guère au delà des chiffres crus est surtout bien insuffisante pour évaluer vraiment l'ampleur des préjudices induits. Il me semble en effet que dans de nombreuses parties du globe, c'est tout le rapport avec le monde qui est faussé, tant du côté de celles et ceux qui sont exploités, que de celui de celles et ceux qui sans en être vraiment les commanditaires, en sont tout de même les bénéficiaires,et les générateurs indirects. A notre insu certes, parce que ce n'est pas un choix déterminé, nous provoquons à la fois l'obligation de diminuer les charges, et de fait également la nécessité de délocaliser les productions. Le pilier qui fonde la démarche des industriels qui s'en vont produire en utilisant de la main d'œuvre le meilleur marché possible, est notre (sur)consommation, le ciment qui scelle ces choix est notre attachement à vouloir toujours payer le moins cher possible ce que nous consommons, sommes nous à ce point aveugle, pour ne pas nous rendre compte que nous générons ainsi les rouages de notre propre appauvrissement généralisé !

Outre les rémunérations, qui sont très largement inférieures, bien souvent misérables, les conditions de travail de ces exploités, sont pour le moins inacceptables. L'effondrement du "Rana Plazza", dont les suites peu médiatisées, illustrent pourtant bien l'irresponsabilité des acteurs sûr place dans le sens de la folie dangereuse, et l'espoir d'irresponsabilité dans le sens pénale des donneurs d'ordres que sont les grandes marques chez qui nous nous approvisionnons. Si l'irresponsabilité organisationnelle des dirigeants sur place est maintenant sur la place publique, et ne va pas restée sans conséquences je l'espère exemplaires, celle des responsables commanditaires n'est toujours pas vraiment clairement ciblée.

A l'instar des préparatifs aux prochains JO au Brésil, L'organisation de la coupe du monde de football au Qatar démontre elle aussi l'implication irréfutable des intervenants étrangers, dont les sous traitants directs ou indirects, multiplient les abus et malversations. Ces deux exemples ne sont que la pointe de l'iceberg des maux de la face sombre de la mondialisation.

Les mises en causes se sont multipliées, il n'est plus possible de réfuter maintenant, l'heure est à l'établissement des responsabilités, celles des acteurs sur place ne fait aucun doute, reste celles des donneurs d'ordres. Parmi d'autres, une enquête du Guardian avait apporté quelques éclaircissements, mais il reste beaucoup à faire. Le devoir de vigilance entre en scène, mais il traîne des pieds, comme tout ce qui permettrait des avancées réelles pour responsabiliser vraiment les entreprises, ce n'est je l'espère que le premier pas vers une reconnaissance réelle et surtout juridiquement contraignante de leurs responsabilité. Ce qui va peut-être être le plus déterminant c'est l'attitude des investisseurs qui tous ne sont pas des irresponsables.

Le regard citoyen pèse, cette pression incite de plus en plus à y regarder de plus près, ce qui donne encore plus de poids à notre attitude de consommateur, nous n'achetons pas seulement un produit, mais nous participons à la chaîne de production/consommation, et sa mise en place, y compris ses structures, cet axiome accepté, il devient alors évident que nous pouvons exercer une forme de pression.

Si nous démontrons par nos engagements, nos choix de privilégier des acteurs économiques et industriels qui s'engagent dans des démarches responsables, tant sur le plan social qu'environnemental, nous avons un vrai levier d'action. Et cela est tellement vrai que même les instances économiques commencent à tenir compte de ce facteur, bien sûr on est encore loin du compte, surtout lorsqu'on en a une grande vision, mais quel que soit les buts, les premiers pas sont souvent ceux qui comptent le plus.

Photo en provenance d'un des articles mis en lien dans ce billet.

Photo en provenance d'un des articles mis en lien dans ce billet.

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