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Au nom de la liberté d'expression on voudrait les faire taire ! Que sommes nous devenus ?

Dimanche 11/01/2015 14h00.

L'atrocité de ce qui vient de se produire, doit nous obliger à nous interroger profondément et véritablement sur nos libertés, celles-là qui devraient s'arrêter là où celle des autres commencent et réciproquement !

Aussi inacceptable que soit l'horreur de ces derniers jours, sommes nous en train de découvrir que la mort brutale est distribuée partout sur la planète au nom de causes aussi diverses que multiples, aussi masquées que non assumées, aussi intolérables qu'inavouables, aussi excusées que niées, celles que nos démocraties républicaines provoquent et répandent seraient-elles plus acceptables ?

Je sais prendre un grand risque en m'aventurant dans une réflexion sur ce qu'est la liberté d'expression en particulier, la liberté en général et ce qu'on est en train d'ourdir comme plan pour museler ceux qui expriment des intentions guerrières non dissimulées, mais qui ne sont que le pendant de ce que naguère les croisades chrétiennes insufflèrent et commirent, et que les guerres géopolitiques et économiques actuelles génèrent sans vergogne et sans retenue.

Ceux qui sont tombés là, avaient déclarés leur guerre, ils étaient près à en assumer les risques qu'ils connaissaient fort bien, ne vous méprenez pas, je n'ai nul intention de minimiser quoi que ce soit de l'inexcusable qu'il y a dans ces meurtres, mais j'ai à l'esprit celles et ceux, civils pacifiques qui sont tombés sous les bombes ou les rafales de mitraillettes alliées lors d'attaques soit disant ciblées, de la part des armées qui disent défendre nos démocraties face à des organisations dites terroristes, enfants, femmes et hommes, dont la seule offense fut d'être au mauvais endroit au mauvais moment, victimes collatérales d'une guerre dans laquelle ils ne s'étaient pas engagés eux, ces morts là sont tout aussi inacceptables, inexcusables, et condamnables, ne perdons jamais cela de vues, et elles ne seront jamais considérées avec autant de tristesse et de dénonciations, si ce n'est par une minorité militante chez nous, et une population victime chez eux, à laquelle on ne prête guère d'attention.

Au même titre que l'on est en droit de se poser la question de savoir si l'on peut rire de tout, on est en droit effectivement également de se demander si l'on peut parler de tout, le principe fondamental de la liberté d'expression voudrait qu'on réponde oui à ces deux questions, les mots ne sont que des mots ils véhiculent des idées certes, mais les idées ça se combat avec des idées, le passage à l'acte, qui lui sort de cette sphère de l'expression que l'on dit devoir être libre, est le pas que personne ne devrait franchir, et qu'il faut alors condamner.

Où alors soyons clair la liberté d'expression ce ne serait que le droit de ne dire que ce que l'on veut bien accepter d'entendre, et admettre que l'on puisse exprimer.

puisque l'on considère alors que certaines paroles, lorsqu'elles deviennent des appels clairs et sans ambiguïtés au passage à l'acte, sont condamnables, ce qui est le cas en France, alors qui pour condamner toutes celles et ceux qui ouvertement dans nos pays dit civilisés, démocratiques et républicains, prônent et distillent des messages de haine envers toutes celles et ceux qui ne leurs seraient pas semblables et osent de plus en plus ouvertement exprimer non seulement leurs rejets, leur abject mépris, mais aussi la promotion de leur anéantissement ?

Je condamne avec force la violence des actes meurtriers, je mets en garde avec autant de force contre la violence des mots, et des dessins, en tant que forme d'expression, il n'y a pas que les armes qui tuent, certaines idées en font tout autant, lorsqu'elles sont mises à exécutions. Et je condamne tout autant les crimes commis par nos Etats qui assassinent eux aussi au nom de la guerre contre 'les terrorismes' devenu argument inattaquable, mais combien de fois galvaudé, et surtout légitiment des tueries au nom de la lutte anti-terroriste qui sont de véritables crimes impunis.

Quand bien même ont proscrirait et musellerait les mots, les idées elles restent et s'enveniment, à vouloir les faire taire, ne prenons-nous pas le risque de ne plus leur laisser d'autres perspectives que d'agir avec encore plus de vigueur, de détermination, et de volonté vengeresse.

Les réflexions et les questions se bousculent dans ma tête, ce qui se passe par exemple avec les anonymous, m'inquiète, qui et pour quelle raison, seront les prochains sur la liste de ceux qu'ils décideront de faire taire, et mettre au pilori sur la place publique ?

La récupération par les politiques m'inquiète tout autant, sinon plus encore, leur responsabilité dans tout ça, qui la met sur l'échiquier ?

Tout se bouscule, je condamne de tout mon être l'exécution proférée par des fanatiques, mais je m'interroge, si comme eux nous nous en prenons non pas aux idées mais aux hommes qui les véhiculent, ne sommes nous pas en train de leur donner raison, de légitimer leurs formes actions, et d'appliquer la même insupportable erreur.

Voilà des heures que je pèse les mots (maux) pour une réflexion que je ne vais peut-être même pas diffuser, tant je sais et suis conscient d'exprimer une opinion qui va déranger, mais j'ai beau me relire et me reposer les questions qui fâchent, j'ai la conviction de devoir exprimer cette mise en garde, car je pressens des lendemains terrifiants, une réponse aveuglée et tout aussi guerrière de la part d'une grande majorité de mes concitoyens, et surtout une manipulation étatique et policière qui, au prétexte de cette tuerie, va s'en prendre sans retenue à la liberté, la notre, pas la leur bien sûr, au nom de la souhaitable, mais impossible sécurité totale.

Si notre liberté risque de se voir soustraite de quelques droits, ils vont surtout donner à la leur encore plus de capacités à s'immiscer dans nos vies privées, à surveiller nos mots et opinions, à estimer de notre possible atteinte au droit supérieur de l'état ou de je ne sais quel autre intérêt dominant.

Lundi 12/01/2015

Je viens de me relire et je ne m'auto-censurerais pas, car si je dois déclarer une guerre c'est celle contre le racisme sous toutes ses formes qui gangrène nos sociétés, celui la même qui a conduit ces extrémistes d'une religion qu'ils ont honteusement détournée de sont principe fondamental d'Amour, tout comme ceux de la Bibles ont été dévoyés en leurs temps.

Au delà de cette réflexion ma première réaction fut de laisser la parole aux dessinateurs qui s'expriment partout sur la planète, ce sera pour le moment ma conclusion, leur laisser la parole.

Au nom de la liberté d'expression on voudrait les faire taire ! Que sommes nous devenus ?

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Pasreveur 13/01/2015 17:09

Bonnes lectures

http://objectifterre.over-blog.org/2015/01/rapport-de-rsf-sur-la-repression-des-libertes-au-nom-des-ideologies-religieuses.html

http://objectifterre.over-blog.org/2015/01/reporters-sans-frontieres-nous-appelons-les-responsables-politiques-sociaux-et-religieux-epris-de-liberte-a-resister.html

Et autres ces jours ci.