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Climat, c'est toute la société qui doit s'engager, certes, mais sous quel paradigme ?

Ban Ki-Moon, à l'origine du grand sommet de chefs de l'Etats, a en quelque sorte rendu officiel le relaie que les politiques entendent lâcher entre les mains des industriels et du système financier dans la 'future course d'équipe' contre le changement climatique, ou devrais-je dire plutôt pour une mise en profit de la lutte contre le réchauffement climatique, parce que c'est bien ce qui est en train de se tramer en sous-terrain depuis longtemps.

Le pan parallèle aux différents traités de libre marché mondial, après avoir vu les dirigeants politiques dénaturer leur prérogatives, usurper leurs fonctions de représentation des peuples, ce dernier assiste au transfert maintenant visible de leur délégation de pouvoir au grand marché.

C'est désormais à ces "acteurs non gouvernementaux", avec les institutions financières de paver la voie vers un futur "décarboné"

Le but ultime de cet équipage ne va pas plus loin que l'idée de financiariser le carbone, et de rendre marchandisage l'évolution climatique, fixer un prix pour le carbone, pour le reste, on ne change rien, la vision développement qualifiée contradictoirement de durable, la volonté de croissance infinie, n'ont pas pris une ride, le paradigme reste le même immuablement.

C'est pourtant ce paradigme qu'il faut remettre en cause, fondamentalement, je ne sais pas quels regards celles et ceux qui, à l'instar par exemple de Naomi Klein, elle n'est pas la seule, suggèrent et amorcent un changement sociétal profond et radical, portent sur ce sommet, et sur le mouvement citoyen qui tente d'encourager les politiques à prendre des mesures radicales elles aussi. Seulement ce que j'observe, c'est que la pression citoyenne pourrait bien accentuer ou avaliser sans le vouloir des réponses totalement inappropriées et finalement tout à fait défavorables aux peuples dans leur ensemble, et qui en plus ne garantissent en rien un succès sur le plan climatiques.

Celles et ceux qui ont marchés dans les rues, et au côté desquels j'étais ce 21 septembre à Rennes, en appellent-ils vraiment à cette réponse là, je croix pouvoir dire que non, le changement souhaité, n'est pas celui qu'on va nous concocter, et ce mouvement citoyen que j'appelle de mes vœux, que je voudrais encore plus intensif et d'une autre ampleur, devra prendre conscience qu'on est peut être en train de vivre une récupération abusive, et trompeuse d'une volonté réorientée vers des solutions qui ne sont qu'un détournement du souhait des peuples.

Après avoir craint le manque de mobilisation, je dois réviser mon point de vue car contrairement à ma première impression, cette mobilisation que j'aurais voulu être bien plus nombreuse a été fort heureusement très importante à New-York, et a à elle seule masqué le bilan bien moins probant ailleurs, rendant ainsi caduque mon analyse précédente, sans que cela ne remette en cause la question de fond.

La mobilisation a été considéré comme un succès, Barack Obama, lui faisant référence, en atteste, ok c'est bien, mais ce qui ne doit pas nous échapper maintenant, c'est le type de réponse et de décisions qui vont être proposées et l'orientation sociétale induite par ces réponses la, et là, et hélas, les changements espérés, pourraient être d'une toute autre nature que celle que les marcheuses et marcheurs envisagent, soyons très vigilant, quand nous scandons changements, eux traduisent dans leurs langage et interprètent en de nouvelles formes de tromperies, de manipulations et de subterfuges.

Donner une valeur au carbone n'est pas la solution, les premiers essais ont même prouvé que c'est une anti-solution, s'en remettre aux industriels n'est pas une solution, ce sont eux qui nous ont menés là où nous sommes, chantres et bonimenteurs de la croissance illimitée comme pierre angulaire du système, celui là même qui est l'essence de notre situation dégradée, je vous propose à ce sujet une vidéo certes longue, et qui plus est en anglais, mais qui vaut qu'on entende les arguments et analyses sur l'état, et surtout sur le fondement de nos sociétés :

Il ne faut pas guérir ce système, il faut en changer, il n'est pas possible de se servir de ce système, il est fondamentalement impropre à transformer l'évolution sociétale telle qu'on voudrait la voir se réorienter, or de cela il n'est pas du tout question, au contraire, l'objectif reste celui de garder le contrôle, pour garder le pouvoir.

Voulons vraiment leur laisser ce pouvoir ?

Photo en provenance d'un des articles mis en lien dans ce billet.

Photo en provenance d'un des articles mis en lien dans ce billet.

Climat, c'est toute la société qui doit s'engager, certes, mais sous quel paradigme ?

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