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Réfugié climatique, une reconnaissance encore incertaine, inexistante dans les textes actuels.

Il s’appelle 'Ioane Teitiota', il a 37 ans, père de 3 enfants, c'est un habitant des Kiribati, un Etat formé de trois archipels du Pacifique, des zones entières de l’archipel, une trentaine d’atolls coralliens dont la plupart dépassent à peine le niveau de l’eau, sont régulièrement envahies par l’océan. L’érosion grignote les rivages et les récoltes s’appauvrissent en raison de l’infiltration d’eau salée dans les réserves d’eau douce, ajoutez à cela « la maladie, la violence » consécutives à l’effondrement des ressources en eau potable et à une agriculture en berne, et vous comprendrez qu'il s'est vu sans issu. Il y a donc 6 ans l'homme est parti loin de son île avant d’être rejoint par sa femme sur le sol néo-zélandais et d’y avoir ces trois enfants. Il y a trois ans, il se voit retirer son visa « sans qu’il ait commis aucune faute », assure l’avocat qui le représente depuis deux ans, et tombe dans l’illégalité, alors en septembre dernier 'Ioane Teitiota' a officiellement fait une demande de réfugié climatique auprès des autorités Néo-Zélandaises. Il s'agit selon son avocat d'une première mondiale, car en effet jusqu'alors les déplacements de populations liées aux changements climatiques, se passaient dans les limites frontalières de chaque pays concernés.

La première procédure, a conduit à un refus des autorités Néo-Zélandaises, mais un autre recours sera statué la semaine prochaine, j'ai hâte d'en connaître la finalité, car force est de constater, que dans l'état actuel des choses, les Conventions Internationales sur les réfugiés, n'intègrent en aucune manière les causes climatiques ou environnementales, ce sont pourtant des centaines de milliers de déplacés en puissance auquel il faut s'attendre, un grand nombre d'habitants de ces archipels, ont déjà migré vers la Nouvelle-Zélande, où il est craint que leur accorder le statut pourrait encourager leur exode.

Voilà bien le nœud de la problématique des migrants en demande d'asile, ceux déjà sur les listes d'attentes en savent quelque chose, leur nombre dépasse déjà les quotas que la plupart des pays établissent, afin de protéger leurs frontières.

Alors qu'en sera-t-il en Nouvelle-Zélande, où en Australie, qui pourrait bien être le second pays vers lequel ces migrants vont se tourner, et quand sera-t-il en France lorsque certains viendront frapper à notre porte ?

Militons déjà pour que ce statut de réfugié climatique soit institué Internationalement, car les réticences vont être nombreuses, au point que déjà certaines sémantiques, tente de faire s'effondrer le bien fondé de la reconnaissance d'une telle nécessité !

J'ai lu il y a quelques jours un article sur le net qui parlait d'une démarche en France allant dans le sens de cette reconnaissance de statut, mais je ne retrouve pas cet article et rien d'autre si référant, étrange, toujours est-il qu'à ce jour, seuls deux pays, la Suède et la Finlande, ont étendu la convention de Genève dans leur législation nationale en accordant un droit d'asile aux victimes de catastrophes naturelles. (...)
Conscientes de ce vide juridique, la Suisse et la Norvège ont lancé l'initiative Nansen, qui veut définir d'ici à 2015 une série de recommandations quant à l'accueil et la protection de migrants transfrontaliers, victimes d'une catastrophe environnementale, qu'elle soit soudaine ou progressive. (...)
Reste que l'application de ces principes sera non contraignante et dépendra donc de la bonne volonté des Etats. "

Il y a donc un long chemin avant que les choses ne bougent, et ce combat là pourrait bien être plus difficile qu'il n'y parait.

Réfugié climatique, une reconnaissance encore incertaine, inexistante dans les textes actuels.

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